Règlementation sur les eaux grises : l’ANSES fait le point.

Alors que la réutilisation des eaux grises pour les usages domestiques est formellement interdite en France à cause des risques sanitaires liés, l’ANSES envisage dans son rapport trois usages possibles dans un cadre réglementaire défini géographiquement. Ce rapport ouvre alors de nouvelles perspectives législatives et commerciales.

Saisie en 2011 par la Direction générale de la santé, l’ANSES fait le point sur les risques sanitaires quant à la réutilisation des eaux grises pour les usages domestiques. Des réserves et des recommandations sont énoncées par l’ANSES, qui souligne l’importance d’analyser au cas par cas chaque projet de réutilisation des eaux grises. Chaque installation doit être affectée dans des zones géographiques régulièrement touchées par des pénuries d’eau et doit servir à trois usages domestiques précis :

  • L’alimentation des chasses d’eau
  • Le lavage des surfaces extérieures
  • L’arrosage des espaces verts

Ces installations doivent en outre faire l’objet d’un suivi et d’un entretien régulier, afin de garantir la sécurité sanitaire des utilisateurs et des occupants. L’ANSES insiste également sur la sensibilisation des impacts et des risques liés à de tels projets : les décideurs, les copropriétaires, les particuliers et les élus locaux doivent être informés des conséquences économiques, environnementales et sanitaires de la réutilisation des eaux grises. Toutefois dans le cadre du développement durable et de la raréfaction des ressources en eau, la réutilisation des eaux grises apparaît comme une réponse efficace en situation de pénurie, déjà appliquée aux Etats-Unis ou encore au Japon.

Si le rapport de l’ANSES demeure consultatif, il plaide en faveur d’une légalisation contrôlée de la réutilisation des eaux grises pour les usages domestiques. Cette légalisation serait alors l’opportunité pour les métiers de l’eau d’investir un nouveau marché, et de relancer la recherche française sur le traitement des eaux usées.